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Une place pour elles

Tous les trois jours, en France, une femme meurt sous les coups de son partenaire. La polémique liée au retour sur scène de Bertrand Cantat a remis le sujet dans l'actualité. De même que la libération de la parole des femmes victimes d'abus sexuels sur les réseaux sociaux (avec les #balancetonporc et #metoo). Mais dans la routine du quotidien, on risque d'oublier bien vite cette statistique effrayante...

C'est pourquoi, une initiative comme "une place pour elles" (http://uneplacepourelles.weebly.com/) est salutaire. (1) Il s'agit de choisir une chaise dans un lieu public, éventuellement la recouvrir d'un tissu de couleur, et y adosser une pancarte sur laquelle est écrite : « Une place pour elles ».  A la tête de cette initiative, il y a une théologienne baptiste : Valérie Duval-Poujol. Même si l'initiative est areligieuse, il est intéressant de le noter.

En effet, normalement les Eglises devraient être à la pointe dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Ou du moins s'y intéresser... l'exhortation biblique insistante à prendre soin de la veuve et l'orphelin (les victimes oubliées) devrait les y inciter. Pourtant, il me semble que c'est un sujet peu abordé (2). Pense-t-on vraiment que les abus ou les violences faites aux femmes n'existent pas dans les Eglises ou dans les couples qui fréquentent nos Eglises ? Vraiment ? On ne le sait peut-être pas en France mais un #ChurchToo est apparu sur les réseaux sociaux aux USA pour dénoncer les abus sexuels dans les Eglises aussi (et les Eglises évangéliques sont concernées) !

Par ailleurs il y a encore du travail, notamment dans les Eglises évangéliques, pour laisser aux femmes la place qui devrait leur revenir autant qu'aux hommes. Une certaine lecture des premiers chapitres de la Genèse y a encore cours parfois, qui justifie une position de domination des hommes sur les femmes, alors que cette domination, dans la Genèse, apparaît comme une conséquence de la chute (Gn 3.16) et non comme le projet de Dieu ! La conception complémentariste de l'homme et de la femme, en vogue dans les milieux évangéliques aujourd'hui, et qui définit le rôle de l'homme et de la femme en terme respectivement d'autorité et de soumission, maintient l’ambiguïté (3). Il ne faut pas pour autant prétendre qu'il y aurait là une justification des violences faites aux femmes, loin de là... mais une meilleure prise en compte de la libération apportée par l'Evangile, pour les femmes, y compris dans les Eglises, comme l'exprime l'apôtre Paul en Galates 3.28, serait bienvenue et lèverait l’ambiguïté.

Longtemps cantonnées aux tâches pratiques et à l'enseignement des enfants (comme si c'était moins important que l'enseignement des adultes...), les femmes peinent encore souvent à accéder à des postes de responsabilités dans les Eglises évangéliques. Et c'est encore plus vrai au niveau des instances nationales (je le sais, je suis président d'Union d'Eglises...) ! Alors à quand une présidente d'Union d'Eglises évangéliques en France ? Quel signal fort ce serait...

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(1) Une soirée d'information et d'échange est prévue le vendredi 6 avril à 18h30, 45 rue de la Glacière à Paris.

(2) A noter que l'Eglise adventiste s'est engagée dans ce combat, depuis près de 10 ans, avec une campagne au niveau mondial appelée End It Now (http://www.enditnow.org/), contre la violence, notamment à l'égard des femmes et des enfants. 

(3) A lire, en anglais, l'excellente réponse de Mimi Haddad à John Piper sur cette question :
https://www.cbeinternational.org/blogs/do-gender-roles-keep-women-safe-response-john-piper

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