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J'ai vu le Messie et je vous en parle !

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Le Messie (Messiah en anglais), c'est le titre d'une nouvelle série originale sortie le 1er janvier sur Netflix. Elle a d’ailleurs suscité quelques polémiques, avec notamment une pétition appelant au boycott  de la série accusée d'être "une propagande maléfique et anti-islamique". En réalité, même si elle a indéniablement un petit côté provocateur, la série n’a rien de blasphématoire, pour qui que ce soit. C'est même franchement une jolie réussite, à la fois divertissante et suscitant la réflexion.

Voici le pitch. Un homme mystérieux et charismatique apparaît en Syrie, en plein conflit militaire. Alors qu’il s’adresse aux foules, une immense tempête de sable survient, mettant en débâcle l’armée de DAESH qui s’apprêtait à prendre le contrôle de Damas. Il n’en faut pas plus pour que certains considèrent cet homme comme un envoyé de Dieu. On lui donne alors le nom de Al-Masih. Lorsqu'il s'en va à pied, des centaines de réfugiés palestiniens le suivent j…

Joyeux Noël, malgré tout !

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Cette année encore, le temps des fêtes est vécu dans une atmosphère particulière… Il est évident que la morosité ambiante s’installe durablement. Elle prend la forme de contestations sociales, sous différentes formes, les colères s’expriment, parfois avec violence. Et on entend toujours ce leitmotiv, depuis plus d’une année : “on se sent ignoré, on nous prend de haut, on ne nous écoute pas !” Et on n’a pas vraiment l’impression que les choses soient sur la voie d’un apaisement…

On peut évidemment s’en inquiéter, on peut être soi-même emporté par ce mouvement, impacté par ce climat morose voire délétère. Mais en tant que croyant, il est sans doute salutaire de nous souvenir, particulièrement en cette période de l’année, combien le message de Noël nous invite à une autre perspective. 

A Noël, non seulement Dieu ne nous prend pas de haut (pourtant il aurait toutes les raisons de le faire !) mais il se rend pleinement solidaire de nous, devenant l’un des nôtres en Jésus-Christ. Il comble…

Vous avez dit sous-culture ?

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Je ne vais pas voir les films chrétiens et je n’écoute pas la musique chrétienne ! Je n’aime pas ça… A vrai dire, ils sont pour moi l’expression d’une sous-culture évangélique avec laquelle je me sens un peu en décalage.

Je suis protestant évangélique, et je l’assume pleinement, même, et peut-être surtout, à l’heure où un certain nombre de nos politiciens se rendent coupables de divers amalgames et raccourcis à propos des évangéliques (ou plutôt des évangélistes comme ils s’obstinent à nous appeler !) (cf. mon article)...

Je suis donc, sans hésitation, un protestant évangélique. C’est ma famille spirituelle. Mais il peut arriver qu’on se sente en décalage avec sa propre famille, qu’on ne cautionne pas tout ce qui s’y dit et ce qui s’y vit. C’est un peu mon sentiment… je me sens en décalage avec la sous-culture évangélique.

Je parle de sous-culture parce qu’elle se positionne souvent en opposition à la culture (ou aux cultures) d’aujourd’hui. Elle se perçoit comme “séparée du monde”, …

Je suis évangélique, pas évangéliste !!! Quoique...

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Je m’agace d’entendre régulièrement, dans les médias ou ailleurs, parler des évangélistes plutôt que des évangéliques (1), cette famille du protestantisme de laquelle je me réclame. On peut, évidemment, regretter ces approximations de langage qui peuvent traduire soit de l’ignorance - souvent - soit du mépris - parfois - de la part des tenants d’une laïcité crispée sur la question des religions en général.

Mais je soupçonne certains d’utiliser le terme à dessein... Comme par hasard, c’est quand on veut dénoncer ou stigmatiser les évangéliques qu’on les appelle des évangélistes. On le fait d'ailleurs en général en abusant de clichés à leur égard et en multipliant les amalgames regrettables (leur prosélytisme, leurs convictions réactionnaires, leur assimilation à Trump ou Bolsonaro, etc.). Si vous voulez faire peur, utilisez un mot en "-isme" ! Comme ça, évangéliste rime avec islamiste… Un terme, d’ailleurs, dont on peut aussi peut-être interroger la légitimité. Pourquoi …

L'humour, toujours l'humour...

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Vous avez peut-être entendu parler de cette pétition, portée par une association chrétienne américaine (liée à la Fondation Américaine pour une Civilisation Chrétienne !), qui a récolté plus de 20000 signatures sur Internet. Elle demandait à Netflix de retirer de son catalogue la mini-série Good Omens, adaptation du roman éponyme écrit par Terry Pratchett et Neil Gaiman. Petit problème au passage : la série n'est pas sur Netflix mais sur Amazon Prime... ce qui a bien fait sourire sur les réseaux sociaux !
Mais au-delà de cette erreur de destinataire, cette nouvelle pétition (ce n'est pas la première lancée par cette fondation, et d'autres l'ont aussi fait) pose la question de la pertinence, au nom de sa foi chrétienne, d'une telle démarche. A-t-on raison de s'offusquer dans de pareils cas, de crier au blasphème ? Doit-on vraiment dépenser autant d'énergie pour "défendre" l'honneur de Dieu et de la Bible ? 
Autant le dire tout de suite : j'…

Les "mais" qui viennent du Malin

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« Mais ». Voilà un petit mot qui fait l'actualité. Certes, ce mot est bien utile quand il s'agit d'avoir un discours nuancé et équilibré. Je suis le premier à le défendre. C'est toutefois un mot inacceptable dans certaines circonstances, parce qu'il annule, de fait, ce qui vient d'être dit. Ainsi par exemple lorsqu'on entend : « Je ne suis pas raciste mais... » ou, pour faire référence à un fait d'actualité : « je condamne les insultes antisémites à l'égard d'Alain Finkielkraut mais... » Ici, le « mais » contredit et invalide l'affirmation qui le précède.
Ca me rappelle une parole de Jésus qui disait à ses disciples, à propos des voeux et des paroles qui engagent : « Quand vous parlez, dites “Oui” ou “Non” : tout le reste vient du Malin. » (Matthieu 5.37) Sur certains sujets, toute nuance est suspecte, et elle doit l'être. Car parfois, on ne peut rien ajouter après notre oui ou notre non sans le contredire. Les « mais » que l'on a…

Vouloir le bien

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L'information m'avait échappé : chaque année, Le Robert, le célèbre dictionnaire, demande aux Internautes de voter, parmi une liste de mots présélectionnés, pour le mot de l'année. Et le vainqueur en 2018 était : « bienveillance ». Au premier abord, autant les deux autres mots qui complètent le podium – « climat » et « infox » (le mot français pour désigner les « fake news ») – étaient assez évidents pour l'année 2018, autant le choix de « bienveillance » me semblait surprenant parce que je n'ai pas l'impression qu'elle soit une valeur si prisée que cela aujourd'hui.
La définition du mot, selon Le Robert, est : « Sentiment par lequel on veut du bien à quelqu'un. Disposition favorable envers autrui. ». Et on cite comme synonyme : « altruisme », « bonté », « indulgence », « sollicitude ». Je n'ai pas l'impression, en regardant autour de moi, et malgré quelques exceptions remarquables, que ce sont des termes qui caractérisent le mieux notre s…