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Confession d'un cyber-prédicateur


Je le confesse, ça fait pas mal d'années que je mets mes prédications en ligne sur Internet... et j'aime bien ça ! Au début, je le faisais de temps en temps. Maintenant, je le fais systématiquement. J'ai même créé un blog spécifique où je les poste, en version audio et écrite (www.predicationsdevincent.blogspot.com : allez y faire un tour...) et elles sont aussi sur le site de l’Église évangélique libre de Toulouse, où je suis pasteur. Par ailleurs, je les partage systématiquement sur les réseaux sociaux. Et en mode public, en plus !

Je me demande, du coup, si cette pratique de cyber-prédicateur a fait évoluer ma prédication. C'est possible... Je sais bien que n'importe qui peut y tomber dessus sur Internet... et je trouve ça très bien ! C'est même une chance incroyable ! De toute façon, une église est un lieu public. Et particulièrement dans une grande ville, je ne connais pas forcément toutes les personnes qui y sont présentes pour entendre ma prédication le dimanche matin. Je dois donc partir du principe que je ne m'adresse pas seulement à des chrétiens ou des gens qui sont d'accord avec moi. Je dois faire attention au langage que j'utilise ou à la façon d'aborder certains thèmes sensibles. Même si c'est vrai dans tous les cas, cet impératif est, évidemment, plus grand encore sur Internet.

Ça me semble, d'ailleurs, être un exercice salutaire que de chercher à être compréhensible par tous. N'est-ce pas un des rôles fondamentaux, et à la fois un des défis principaux, de la prédication ? Je sais que des amis, y compris non-chrétiens (oui, j'ai des amis non-chrétiens !), ont lu, ou lisent parfois, mes prédications. Ne serait-ce que par curiosité... Il m'arrive d'avoir des retours. Il m'arrive aussi de rencontrer des gens que je ne connais pas du tout et qui me connaissent par mes prédications sur Internet. Bon, je ne m'enflamme pas pour autant... ça reste occasionnel ! Même si, je l'avoue, je regarde quand même régulièrement le nombre de vues, de likes et de retweets de mes prédications... C'est le jeu des réseaux sociaux ! Sans chercher à faire le buzz, je confesse un certain sentiment de satisfaction quand je vois une prédication être lue ou partagée plus que d'habitude...  Un prédicateur n'est-il pas toujours, un peu, un séducteur qui cherche à plaire à son auditoire ?

Du coup, le risque du politiquement correct existe sans doute. Avec la tentation d'escamoter certaines aspérités de l’Évangile, d'arrondir les angles de certaines paroles bibliques dérangeantes voire clivantes. Mais Dieu m'en préserve ! Et si j'y succombe parfois, j'encourage mes lecteurs à poster un commentaire, avec un hashtag de circonstance... Et je m'en repentirai !

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